ATTAQUE AU NORD- OUEST DU BURUNDI

 Burundi news, le 02/01/2015

Par Gratien Rukindikiza

Depuis le 30 décembre 2014, un groupe de plus de 200 rebelles a attaqué le Burundi en provenance du RD Congo. Tout a été dit. Les questions se posent. Qui est derrière? Qui se bat contre qui? Comment l'armée mène-t-elle  l'offensive?

Des rebelles qui inquiètent le pouvoir

Ces rebelles ne sont ni du FNL de Nzabampema, ni un groupe connu jusque là. Pour le pouvoir, la grande question est de savoir comment un tel groupe de rebelles a pu s'entraîner, s'équiper et s'armer de mitrailleuses et lance- roquettes sans que les services de  renseignements burundais ne soient au courant.  Ils ont été plus dans la répression des opposants et les détournements des fonds plutôt que de faire le renseignement.

Les rebelles ont pu pénétrer à l'intérieur du Burundi jusqu' à arriver à 10 km de la forêt de Kibira sans être inquiétés. Le premier contact a été établi à partir de ce moment. Selon certains officiers, le niveau de combat démontre qu'ils ont en face des professionnels, bien formés avec une détermination.

Qui combat les rebelles?

Un vrai black out de l'information sur les forces en présence. A l'Etat Major du Burundi, les officiers, anciens FAB,  se plaignent que cette guerre se passe hors Etat Major. L'étude de la tactique adoptée n'a pas été faite dans la salle des opérations de l'armée comme d'habitude. Le dossier est géré directement par le chef d'Etat Major et le commandant de la région Ouest, tous ex FDD. Les officiers ex- FAB se sentent écartés de cette guerre.

Des civils combattent à côté des militaires. Paradoxalement, ces civils étaient déjà armés car des armes n'ont pas été distribuées à l'attaque. Selon des sources autorisées, parmi ces civils, il y aurait des membres du FDLR Rwandais et des imbonerakure. Ces deux milices ont commencé à égorger des civils dont certains n'étaient pas des rebelles.

Les FDLR étaient déjà installés dans la région et la nervosité du pouvoir réside dans le fait que ces rebelles burundais ont croisé des FDLR et voulaient les déloger et s'installer dans la forêt de Kibira. Or, étant les protégés du pouvoir, les FDLR devaient être protégés.  Les ex FAB devaient être  écartés dans la gestion de cette guerre en raison de ces deux milices.

D'après les informations déjà filtrées, ces rebelles avaient surtout l'intention de combattre les imbonerakure qui imposent la terreur au Burundi. L'armée burundaise n'était pas leur cible car ils ont traversé la plaine sans attaquer des petites unités militaires sur leur passage.

Qui sont ces rebelles?

Un mystère. Toute la presse est aux aguets des premières informations. Toujours est-il que ces rebelles combattent réellement le pouvoir et ne sont en aucun cas des supplétifs créés par le pouvoir.  L'identité de ces rebelles est attendue aussi par l'équipe de Burundinews qui attend la première déclaration.

Est-ce que ce groupe de rebelles vient perturber les élections? Est-ce que réellement il y aura les élections au Burundi? Tout indique que ces élections n'auront pas lieu. Les financements manquent. Même l'enrôlement des électeurs a été fait avec le budget de l'Etat burundais. L'Etat burundais n'est pas capable de financer les élections. Le fichier électoral est tellement mal fait et contient des tricheries qu'il est impossible de corriger à moins de refaire tout. Les miliciens imbonerakure et les FDLR seront les maîtres du jeu électoral. Le climat de violence dans le pays ne permettra pas la tenue des élections même si on ne tient pas compte de ce nouveau groupe rebelle.

Une amalgame a déjà commencé. Le pouvoir associe cette rébellion à l'opposition de l'ADC Ikibiri. D'une pierre deux coups, le Président Nkurunziza veut en profiter, en combattant cette rébellion, mettre en prison les leaders de l'opposition, surtout dans la province de Cibitoke et Bubanza.